Nous refusons de vivre sur la lame de l’épée / Marie Lyne Smadja

J’ai rêvé que je discutais avec ma “future” petite-fille, a la grâce de D…

2028, 80 ième Anniversaire de l’Etat d’Israël

מסרבות לחיות על החרב - מרילין סמדג'ה

  • Mamie, parle-moi encore sur le mouvement #WomenWagePeace (Les Femmes Israéliennes pour La Paix).
  • Encore ?
  • J’aime quand tu dis : … Et les femmes se sont levées ensemble d’un bloc et ont crié : Ça suffit ! Maspik, Hallas, Enough is enough !
  • Hummmm… Ce n’était pas aussi facile que ça. A cette époque, la majorité des israéliens voulaient la Paix mais beaucoup ne croyaient plus que c’était possible. Nous avions vécu déjà tant de guerres, tant de périodes d’attentats, beaucoup d’entre nous n’avaient plus d’espoir. Nous entendions sans cesse les politiciens nous dire qu’il n’y avait pas de solution. Le Premier Ministre de l’époque avait même déclaré : “Nous vivrons éternellement sur la lame de l’épée”. Mais les femmes de #WomenWagePeace ont refusé que notre destin soit ainsi tracé. Nous avons refusé de donner en héritage à nos enfants et aux générations futures ce fatalisme. Nous aimions notre pays et nous voulions un avenir meilleur pour l’ensemble des citoyens. Ainsi, nous avons décidé de nous unir – des milliers de femmes juives et arabes, de Gauche, de Droite et du Centre, de tout le pays, et qu’ensemble nous exigions le retour à la table des négociations jusqu’à ce qu’un accord politique soit obtenu avec les palestiniens. Notre mouvement s’est très vite agrandi.
  • Et vous avez réussi ?
  • Pas tout de suite ma chérie, la prunelle de mes yeux. On a organisé des centaines d’activités, dans tout le pays, tout le temps. Tous les jours nous nous posions la question : “Qu’as-tu fait aujourd’hui pour la paix ?” Nous voulions être responsables de notre destiné, nous étions déterminées, courageuses. Nous nous sommes adressées à notre gouvernement, à notre Premier Ministre, à chaque membre du Parlement. Nous avons jeûné, fait de longues marches, répondu à des interviews, nous exigions, nous organisions des activités qui n’avaient jamais été faites auparavant dans le pays. Nous avions confiance en la force citoyenne, nous avions confiance en la force des femmes. Nous agissions au quotidien, sans relâche. Nous savions que d’agir donne de l’espoir.
  • Chouette ! Il y a de l’espoir !
  • Bien sûr qu’il y a de l’espoir. Il y a toujours une solution. Et je suis heureuse que nous n’ayons pas renoncé, que nous ayons continué malgré les embuches notre combat. Bien sur de nombreux facteurs très importants ont contribué à la signature de “l’Accord”, mais je suis émue de savoir que nous y avons une certaine contribution, que nous avons tout fait dans la mesure de nos possibilités. Je suis heureuse quand je te vois vivre, ainsi que tes frères et sœurs, quand je vois vivre aujourd’hui les enfants israéliens. Nous n’avons pas résolu tous les problèmes dans le pays, mais je suis heureuse de vous voir profiter de ces années de Paix et de sécurité. Allez ma chérie, rejoignons toute la famille et les amis pour fêter l’anniversaire de notre cher pays.