Pascale Chen et les Femmes Pour la Paix, Marianne magazine, 4.8.17

Publié par, Marianne magazine /  Cet été, 4 August 2017

Quand son fils,  comme tous les jeunes Israéliens, a reçu sa première convocation pour l’armée, Pascale Chen a décidé d’agir. C’était la guerre de Gaza, à l’été 2014. « L’angoisse montait, il fallait  que je fasse quelque chose  pour ne pas sombrer dans  le désespoir. Le pacifisme  de gauche en Israël s’était  complètement essoufflé,   il fallait lancer une initiative  moins idéologique   et plus pragmatique »,   se souvient cette mère de famille d’origine française, fondatrice du mouvement Nashim Ossot Shalom, « Les Femmes font la paix ». Une organisation hors norme qui rassemble des Israéliennes, juives et arabes.

Avec un succès impressionnant : à l’automne 2016, des milliers de femmes de toutes confessions, vêtues de blanc, défilent devant la résidence de Benyamin Netanyahou. Sur leurs banderoles, un slogan : « Nous donnons la vie ! Donnez-nous la paix ! » Les marches se succèdent en Israël puis en Cisjordanie. Le 19 octobre 2016, près de Jéricho, sur les bords du Jourdain, les Israéliennes rencontrent pour la première fois 1 000 Palestiniennes. L’Autorité de Mahmoud Abbas soutient discrètement l’initiative. « Nous étions  en blanc et turquoise, nos  couleurs, elles en costumes  traditionnels       palestiniens.  Et une rivière de femmes  est descendue vers le  fleuve… »

Pascale Chen et son réseau s’appuient au départ sur la résolution 1325 de l’ONU qui met en valeur le rôle joué par les femmes dans les processus de paix partout dans le monde. Les militantes ne s’inscrivent pas dans un projet politique, ce qui les couperait d’une partie ou d’une autre de l’opinion. « La majorité des  gens, qu’ils soient de droite  ou de gauche, en Israël,  veulent la paix. Nous ne militons pas pour tel  ou tel accord mais pour que  nos dirigeants s’engagent   à rechercher une solution   qui mette fin au conflit.   Ce qui nous lie, c’est un destin       commun et   le même désir de préparer  un avenir pour nos enfants  et nos petits-enfants. »   Trois ans après le lancement du mouvement, elles sont déjà plus de 20 000.

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